Après

Je me souviens de mes larmes lorsque je déposais Zoé chez la nounou et la frustration quand le soir je la serrais contre moi de ne pas avoir été avec elle toute la journée.

Ses vêtements portaient l'odeur d'une autre. Mon poussin n'avait que 18 mois à notre arrivée en Bretagne et désormais sans emploi j'allais pouvoir l'aider à grandir, moi sa mère. Aujourd'hui, je regarde grandir trois petits, et j'ai du mal encore à imaginer que le plus jeune fera sa rentrée scolaire en septembre.

Moins de 400 euros par mois telle est la valeur de l'ouvrage d'une maman à plein temps comme moi. Mon œuvre sera loin d'être terminée mais il faudra bien chercher ces quelques euros ailleurs. Un CV par ci par là. En attendant j'ai des rêves plein la tête. Parce que je ne conçois pas que la fin de mes belles années se résume à gagner de l'argent pour gagner de l'argent, je veux prendre du plaisir dans l'action !

Souvent on me demande si je m'ennuie à la maison et je réponds que je ne passe pas mes journées à faire la cuisine ou le ménage, mais que je vais hors mes murs à la rencontre des gens. Ceux d'ici maintenant et d'ailleurs par le passé. Tant de visages, de personnalités dont le contact m'a changé, m'a nourri. Sans ces quelques années libérées de contraintes professionnelles, comment aurais-je pû devenir celle que je suis? Je me souviens des larmes de Delphine quand je lui disais qu'au fil du temps, des déménagements, les rencontres m'avaient façonné.

Aujourd'hui mon édifice est stable grâce aux petits morceaux de toutes ces femmes et de quelques hommes aussi. Et après.....